Pour une rando à plus de 4 000m, les monts Toubkal et M’Goun sont deux superbes options offertes par l’Atlas au Maroc. On a essayé de les départager si jamais il ne fallait en grimper qu’un seul.

Les deux sommets se tutoient. À quelques mètres de hauteur de différence, le mont Toubkal (4 132m) et le M’Goun (4 071m) présentent toutefois deux profils de randonnée assez distincts. Entre ascension sèche d’un côté et balade au long cours de l’autre.

La fréquentation (et la pollution) : M’Goun

Le sentiment est étrange. Après avoir randonné autour du Toubkal, les sentiers vers le M’Goun paraissent vides. Quitte à faire douter le randonneur. Je suis bien sur la bonne route ? Car ce mont, situé dans la vallée des Bouguemez, est bien plus reculé que son compère. Et moins élevé, donc, peut-être, moins prestigieux. Résultat, personne sur le chemin. La nature pour soi. Et surtout la nature préservée. En comparaison de la rando vers le Toubkal, très fréquentée et ultra polluée (déchets sur les sentiers et dans les cours d’eau), celle du M’Goun est 100% nature. Foncez.

Les paysages : M’Goun

Au M’Goun comme au Toubkal, le sommet est accessible au bout de deux jours de rando. Mais la distance pour rejoindre le refuge avant l’ascension du M’Goun est plus longue (environ 20kms contre 10kms). Il vaut mieux prendre deux jours pour le rejoindre. Pour étaler l’effort d’abord, mais surtout pour profiter au maximum de la diversité des paysages offertes par la marche vers le M’Goun.

Les environs du Toubkal, avec le lac d’Ifni ou encore la vallée vers Amsouzerte, offrent également d’incroyables paysages. Mais il faut prolonger la rando au-delà du plus haut sommet du Maroc pour y accéder. Puisque notre comparaison s’arrête ici uniquement sur l’ascension, le M’Goun devance le Toubkal niveau paysages.

Le goût de l’effort : Toubkal

La montée est sèche. Le mieux est de la faire avant le lever du soleil. Dans le noir, pour mieux éviter de voir le dénivelé. Pour les amoureux de l’effort, c’est certain, le Toubkal constitue la meilleure option. Avec son dénivelé de 1 000m sur 3kms, il offre deux heures d’effort intense. Vous coupe les jambes. Puis le souffle, une fois au sommet.

La hauteur : Toubkal

Pour quelques dizaines de mètres, le Toubkal snobe son voisin de l’Atlas. Et domine d’ailleurs le Maroc. Pour le prestige et les repas de famille, le Toubkal vaut mieux que le M’Goun.

Accessibilité en transport : Toubkal

Niveau de difficulté : M’Goun

Là où le Toubkal sèche les jambes, le M’Goun étale l’effort. Pour atteindre les deux sommets, le dénivelé est de 1 000m. Mais le pourcentage est beaucoup moins élevé sur le M’Goun. Et permet donc de mieux répartir son énergie. Le M’Goun représente donc la meilleure option pour une ascension plus sereine.

Bilan : à vous de choisir

Si vous ne souhaitez faire qu’une seule rando dans l’Atlas, optez pour le M’Goun. Pour la connexion avec la nature, la diversité des paysages ou encore les vues époustouflantes sur une crête de 4kms à... 4 000m d’altitude. Unique.

 

En revanche, si vous snobez le désert et préférez consacrer votre temps à la montagne, foncez vers les deux sommets ! L’expérience est totalement différente et les deux efforts offrent leurs magnifiques récompenses.

Pour rejoindre les deux randos, le départ se fait généralement de Marrakech. Pour le Toubkal, direction Imlil. Pour le M’Goun, direction Aït Bouguemez. Un seul transport et 2h de trajet contre un bus et un minivan pour 5-6h de transport, le Toubkal est le mont le plus accessible depuis Marrakech.

Vue au sommet : M’Goun

Le pic du Toubkal impressionne. Plus haut que tous ses voisins, il offre un magnifique panorama à 360º. Pourtant, il ne vaut pas son homologue. Le M’Goun étale son panorama sur... 4kms ! Avant d’atteindre le pic à proprement parler, une sublime crête à 4 000m d’altitude propose de découvrir une palette de couleurs sur les monts voisins. Au lever de soleil, chaque pas constitue un émerveillement, les nuages dessinant à chaque instant de nouvelles formes. L’expérience visuelle dure plus d’une heure. Et se renouvelle sans cesse. Encore un point pour le M’Goun.